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Alpine, ce nom rêveur qui à lui seul évoque tant de choses à la fois. Pour beaucoup c’est le sport automobile, les rallyes, les circuits... Pour tous c’est un rêve. 

Les dernières Berlinette

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Fabriquée de 1962 à 1977 à l’usine de Dieppe en Normandie, la Berlinette devient championne du monde des Rallyes en 1973, cette même année la Régie Renault prend le contrôle total de la marque Dieppoise. Présentée en octobre 1975, soit deux ans après la sortie de sa remplaçante l’A310, l’Alpine A110 1600 SX, est l’ultime version de la Berlinette, pas la plus puissante mais la dernière. Produite de 1976 à 1977, la 1600 SX s’est vendue à 397 exemplaires. 

Caractéristiques techniques

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L’A110 1600 SX reprend le moteur 9CV de la Renault 16 TX de 1647 cmmonté en porte à faux arrière. Alimenté par un carburateur double corps Weber 32 DAR 7, toute la puissance du bloc quatre cylindres de 95ch est transmise aux roues par l’intermédiaire de l’embrayage monodisque à commande hydraulique et d’une boîte cinq rapports.

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Le châssis est en réalité une poutre centrale en acier sur laquelle sont montés deux berceaux et où se greffe la coque en fibre de verre polyester stratifiée aussi légère que résistante. 

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Le moteur est accessible par le capot arrière mais aussi dans l’habitacle afin d’avoir accès à la totalité du bloc. En détachant un cache intégré à la garniture on accède ainsi à l’autre partie. Souvent les mécaniciens démontent la vitre arrière pour mieux travailler sur l’ensemble du moteur.    

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Le radiateur est à l’avant, non loin du réservoir de 50 litres et de la roue de secours qui se situent  dans le coffre avant. La plaque du constructeur se situe aussi sous le capot avant avec le numéro de série et le poids, suivie d’une seconde plaque pour le numéro de carrosserie et d’une dernière pour le code couleur.

Comportement

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Sur route l’Alpine A110 surprend par ses accélérations, en partie grâce à ses hauts régimes à 6000 tr/min et de part sa légèreté (790 kg). La 1600 SX abat le 0 à 100km/h en seulement 10 secondes et peut atteindre les 195km/h en pointe. Ses quatre roues indépendantes, sa faible garde au sol de 140mm et sa ferme suspension, doublée par des amortisseurs télescopiques lui assurent une excellente tenue de route. Elle bénéficie aussi d’une direction d’une grande précision.

Ligne

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L’A110 est une voiture élégante et aérodynamique. Dessinée par Philippe Charles, elle reprend les grandes lignes de l’A 108 que l’on doit à Giovanni Michelotti, père des gammes BMW et Triumph des années 1960. Anecdote étonnante, elle emprunte les clignotants à la Citroën Dyane.  

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Intérieur

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L’habitacle est dépouillé, le confort n’est pas négligé mais intimement lié à la sportivité.

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 Le chauffage est assez puissant contrairement à certaines Alpine qui avaient besoin d'un pare-brise chauffant (en option).

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Le pomeau arbore fièrement le logo de la marque.

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Seuls les sièges ne sont pas d’origine, l’auto radio est d’époque.  

Particularités de la SX

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La version SX est l’une des Berlinette les plus abouties. Contrairement à d’autres, c’est une deux places strictes, les baguettes chromées et le logo sur le flanc de la voiture disparaissent.

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La SX abandonne les entrées d’air dites moustache.

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Les projecteurs antibrouillard Cibié étaient vendus en option.

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La SX est freinée par de puissants et larges freins à disques. Le train arrière et les jantes sont spécifiques à la 1600 SX. 

La SX de François

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Monsieur François Seyroux est le deuxième propriétaire de cette sublime Alpine. Il est le secrétaire adjoint du Club de l'Alpine Francilienne qui regroupe des voitures à mécaniques Renault ou Alpine, avec une cinquantaine d'adhérents.

En septembre 1995, il achète cette Berlinette à Monsieur Devidelere chez VEC Racing à Bonneval près de Châteaudun, garage repris depuis par Nicolas Gozillon (connu dans le monde Alpine). La voiture a été entièrement refaite. Sa première mise en circulation date du 5 avril 1977.

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François s'en sert pour faire des rallyes de régularité sur route ouverte (vitesse limitée en dessous de 50km/h de moyenne). Il a notamment participé au Rallye des Lucioles où il finit 10eme sur 40, c’était la seule Berlinette participante. Pour ce genre de rallye, il conduit avec un trip master et un cadenceur montés sur le pare brise pour tenir une vitesse moyenne imposée par cette discipline. Il s'occupe lui-même de l'entretien de son  A110.

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Sur la lunette arrière de son Alpine figure un autocollant en hommage à Jean Redélé, pilote et fondateur d’Alpine. 

Interview

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Auto d’Antan Magazine : Pourquoi avoir choisi la Berlinette et celle-ci en particulier ? 

François Seyroux : C'était un modèle de mon époque, en 1973 j’avais déjà le permis. Elle me plaisait beaucoup. C’est une voiture avec du couple et une très bonne tenue de route. C'est pour moi la seule voiture intemporelle que ce soit pour sa ligne ou pour tout le reste. 

J’ai porté mon choix sur la SX car elle est extrêmement fiable (sur base de la Renault 16TX). C'est un modèle intermédiaire entre la V85 et la SC. Ce n'est pas la plus puissante des Alpine mais son régime moteur maximal de 6000 tr/min est un gage de longévité du moteur. D'ailleurs aucune réparation n'a été faite depuis son achat à part récemment le changement du maître cylindre. Il est d'ailleurs difficile de travailler dessus car l'accès à toute la partie mécanique est très restreinte, souvent les mécaniciens enlèvent la vitre arrive et le capot.

Ce modèle à aussi de puissants freins (comme sur la S et la SC), la transmission ne se fait pas par trompette comme les anciens modèles mais par cardan, il n'y a qu'un carburateur, c'est une voiture qui reste économique, si la conduite n'est pas trop sportive évidemment et qui consomme entre 8 et 9 litres aux 100. Elle est aussi bien plus légère que la Renault 16.

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(image blogautomobile.fr)

Auto d’Antan Magazine : Que pensez-vous du retour de la marque Alpine aujourd’hui ?

François Seyroux : Alpine devait renaître grâce à Carlos Tavares ancien président de Renault France, passionné de la marque qui avait passé des accords avec Caterham. Il a lui même participé au Rallye du Monte Carlo historique. Il faudrait un retour d'Alpine dans le même esprit qu’avec Jean Redélé, faire une voiture sportive mais accessible, autour des 30 000€. C’est une chose que ni Renault ni les constructeurs français n'ont réussi à faire réellement aujourd’hui, pourtant Renault est champion du monde de F1, mais ils n'ont pas su exploiter ce savoir et cette image. Une nouvelle Alpine n'enlèvera rien aux anciennes ; par exemple l'A310, plus moderne et plus chère est loin d'avoir le même palmarès en rallye que la Berlinette qui roulait avec des moyens bien moins conséquents que les constructeurs aujourd'hui.

Auto d’Antan Magazine : Que pensez-vous de Jean Redélé, le fondateur d’Alpine ?

François Seyroux : J'ai rencontré monsieur Redélé pour ses 75 ans, il allait très bien, je l'ai également vu à côté de Dieppe en 2001 où il m'a dédicacé ma carte grise. C'est un homme charmant, qui malheureusement est décédé en 2007. Je suis passionné par l'homme, tant par son ingéniosité que par sa passion. Tous ceux qui travaillaient sur la Berlinette ne comptaient pas leurs heures, ils travaillaient avec passion et toujours dans cet esprit de compétition automobile. Aujourd'hui le nom Alpine n'appartient plus à la famille Redélé mais à Renault qui a racheté l'entreprise en 1973. Jean Redélé à vendu des licences à l'étranger en Espagne et au Mexique sous le nom de Dinalpin. Aujourd'hui celles-ci commencent aussi à prendre de la valeur. 

 

Sincères remerciements à François Seyroux